Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /Sep /2008 22:11

Les relations d'un patient souffrant d'un trouble bipolaire avec les médecins sont souvent mouvementées et conflictuelles. Il existe quelques fois un ressentiment du malade vis à vis des médecins consultés avant que le diagnostic soit clairement porté.

Des années de "mal de vivre" les ont amenés à consulter de nombreux médecins dans l'espoir, toujours déçu à long terme, de vivre normalement. Quelquefois même ce sont les malades qui, à force de se renseigner sur ce qu'ils ressentent, finissent par faire leur diagnostic et le présentent 'sur un plateau' au médecin.

On comprend aisément que l'autorité et la compétence du corps médical soient un peu ternies chez ces personnes. Au delà du ressentiment pour absence de diagnostic, il existe une réaction de rejet du médecin chez les malades à qui l'on annonce brutalement qu'ils sont porteur d'une maladie grave et chronique.

Inconsciemment le médecin diagnostiqueur est rendu symboliquement responsable de la maladie et l'espoir du traitement sera recherché chez d'autres confrères.


 Trois objectifs doivent guider la relation avec les médecins:

-un diagnostic le plus précoce possible

-trouver un spécialiste compétent

-établir une relation de confiance durable avec ce médecin

 

Il est tout à fait normal, lorsque le diagnostic de trouble bipolaire est évoqué, de consulter un spécialiste pour confirmation. Une fois cela fait il faut accepter "l'étiquette" difficile à assumer de malade psychiatrique.Il serait illusoire d'essayer de nier le diagnostic et de chercher une solution chez des thérapeutes divers, guérisseurs ou autres gourous.

Les troubles bipolaires sont la plus organique (au sens de perturbation neurochimiques du cerveau) des maladies mentales. Le recours au psychiatre est incontournable. Il faut le choisir plus en fonction de son ressenti relationnel que de sa compétence supposée.

Une fois un projet thérapeutique élaboré en commun il faut jouer '"franc jeu'"avec lui, conserver la confiance malgré les effets secondaires des médicaments (il n'y a pas de médicaments sans effets secondaires), malgré l'absence d'amélioration rapide (il faut souvent plusieurs mois pour ressentir enfin les effets bénéfiques du traitement), malgré les changements de traitement (il n'existe aucun traitement efficace chez tous les malades), malgré les conseils inavisés des proches ('tu devrais plutôt voir le médecin du cousin, de la voisine...').

Par contre il ne faut pas adopter d'attitude infantile ou passive avec son médecin pour lui plaire ou par crainte de son jugement. Il faut lui faire part des effets secondaires, des difficultés rencontrées, des réticences par rapport à tel ou tel type de traitement, de l'absence de résultats. Il est difficile pour un médecin de sentir exactement de quelle quantité d'informations le patient à besoin. Certains se contentent du diagnostic initial et suivent docilement les traitements, d'autres sont avides d'informations détaillées de leur maladie.

N'hésitez pas à questionner précisément le médecin en sachant cependant qu'il vaut mieux  éviter de poser des questions dont on est incapable d'assumer la réponse (soit sur le plan de termes scientifiques, soit sur le plan psychologique). Il faut aussi savoir que les médecins sont également des hommes qui ont leur susceptibilité et leurs fragilités et qu'ils n'aiment pas être piégés, trompés, mis en défaut, accusés à tort ou à raison.

 

Par Ally - Publié dans : Bipo
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Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /Sep /2008 22:03
Les troubles bipolaires touchent environ 1% de la population et cependant de nombreux cas ne sont pas diagnostiqués et ne peuvent donc pas bénéficier de traitements. Plusieurs raisons :

 

- tant que les épisodes dépressifs ou maniaques ne sont pas majeurs, les patients ne consultent pas de médecins ou alors seulement pour des symptômes annexes (fatigue, insomnies ....).

Ils attribuent leur 'mal à vivre' à des événements extérieurs ou à un trait de caractère et ne se considèrent pas comme malades.

Il importe donc de ne pas sous estimer des symptômes mineurs qui peuvent être des équivalents dépressifs et éviter de minimiser sa souffrance devant le médecin.

La souffrance entraînant une consultation est généralement due à un épisode dépressif sévère. Le diagnostic porté est alors celui de dépression, voir de dépression 'récurrente' ou 'endogène' si d'autres épisodes antérieurs sont connus du médecin.

En fait les épisodes hypomaniaques ou maniaques ne sont pas ressentis comme douloureux sur le moment et ne sont pas vécus comme résultant d'une maladie. Ce sont les retombées  familiales, affectives ou socioprofessionnelles de ces épisodes maniaques qui engendrent une souffrance morale.

La reconnaissance des épisodes maniaques et leur alternance avec les phases dépressives sont à la base du diagnostic. Il est donc important de prendre conscience que le fait de présenter des dépressions récurrentes, avec des intervalles pendant lesquels on se sent bien, peut correspondre à un trouble bipolaire.

Le plus souvent c'est l'entourage qui pourra vous faire remarquer que, en dehors de vos phases dépressives, vous êtes un 'battant' plein d'énergie, d'enthousiasme, mais que vous en faites trop et que vous ne pouvez plus assumer les engagements pris. Il peut vous faire comprendre qu'à certains moments votre comportement devient hors norme, ce qui généralement vous irrite.

Il faut savoir rapporter ces propos au médecin, voir même demander à un de vos proches de venir avec vous lors d'une consultation pour qu'il puisse décrire votre comportement. Cette démarche demande une grande confiance en l'autre et une certaine humilité.

Ce qui n'est pas facile lors d'un épisode bipolaire quel qu'il soit.

- Le diagnostic de dépression est très souvent mal vécu la première fois et refusé plus ou moins inconsciemment par le patient. A plus forte raison la consultation chez le psychiatre est retardée voir refusée. Il existe encore une image très négative de la maladie psychiatrique considérée comme 'folie', concept archaïque mais qui reste très ancré dans la culture populaire. Le psychiatre lui même est souvent perçu non pas comme un médecin spécialiste pouvant soigner et guérir mais comme un intellectuel bizarre et peu bavard qui ne s'occupe que des 'fous' et ne sert qu'à vous faire parler.

A partir du moment ou vous avez 'mal à l'âme' le psychiatre est le médecin qui pourra le mieux vous comprendre et vous aider. Il faut également sortir du concept totalement erroné que la dépression n'est qu'un manque de volonté ne touchant que les faibles. Tous ceux qui ont vécu au moins un épisode dépressif le savent bien.

Par Ally - Publié dans : Bipo
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Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /Sep /2008 21:49
Nous avons tous des changements d’humeur.
Les périodes de tristesse ou de déception sont des réactions naturelles aux difficultés qui surviennent dans nos vies. La perte d’un être cher, des problèmes au travail ou la détérioration d’une relation sont tous des éléments susceptibles de nous déprimer.
À l’inverse, un succès retentissant ou la résolution d’un problème nous rendent heureux et satisfaits.

Nos humeurs ont tendance à varier mais, de manière générale, nous avons le sentiment d’avoir le contrôle sur celles-ci.
Toutefois, pour certaines personnes ayant des troubles de l’humeur comme la dépression et le trouble bipolaire, ce sentiment de contrôle est inexistant et engendre de la détresse.
Toute personne ayant connu un épisode de dépression ou de manie connaît la différence qui existe entre ces maladies et les sentiments normaux de tristesse ou de joie.

Une dépression grave ou prolongée est une maladie qui affecte non seulement les émotions d’une personne, mais également sa santé physique, ses relations sociales et son comportement. 
Ce phénomène est environ deux fois plus fréquent chez les femmes.

Le trouble bipolaire, également appelé psychose maniacodépressive, est une maladie qui présente des périodes de dépression grave suivies de périodes d’euphorie ou d’irritabilité (sans que la consommation de drogues ou d’alcool ne soit en cause).
Ces sautes d’humeur ne sont pas nécessairement associées à des événements en particulier.
Le trouble bipolaire touche environ 1 % de la population.
Il commence habituellement à se manifester vers la fin de l’adolescence et au début de l’âge adulte et touche également les hommes et les femmes.

La dépression et le trouble bipolaire peuvent être traités. Il faut garder espoir. En en apprenant davantage sur ces conditions, vous pouvez aider à supprimer les stigmates qui empêchent de nombreuses personnes à aller chercher de l’aide.

Le trouble bipolaire
Les personnes touchées par le trouble bipolaire connaissent des sautes d’humeur, passant d’un sentiment d’euphorie (manie) à la dépression. Cette condition peut être légère ou grave.
Les causes du trouble bipolaire sont inconnues.
Les recherches suggèrent que les personnes souffrant de cette maladie ont une prédisposition génétique. Ce trouble semble être de nature familiale.
La consommation de drogues et les événements stressants ou traumatisants peuvent causer ou déclencher des épisodes de trouble bipolaire.


Des traitements existent
La dépression et le trouble bipolaire se traitent. Apprendre à reconnaître les signes et les éléments déclencheurs permet aux personnes qui en sont atteintes de travailler avec leur médecin, les autres professionnels de la santé, les membres de leur famille et leurs amis pour empêcher que leur condition ne s’aggrave.
La majorité des personnes dépressives répondent bien au traitement et la quasi-totalité de celles qui vont chercher un traitement sont soulagées de leurs symptômes.
Il a été démontré qu’une pharmacothérapie jumelée à une psychothérapie ou à des séances de counselling sont très efficaces.

Le trouble bipolaire est principalement traité à l’aide d’une pharmacothérapie et d’une psychothérapie. La pharmacothérapie aide à stabiliser les humeurs alors que la psychothérapie aide les gens à détecter les éléments déclencheurs et à développer des stratégies pour gérer leur stress.
Les électrochocs ou TEC sont parfois utilisés.


Que puis-je faire?
La plupart des gens ne vont pas chercher d’aide pour soigner leur dépression ou leur trouble bipolaire et ce, parfois parce que leurs symptômes les empêchent de reconnaître la gravité de leur situation.
Les stigmates qui entourent ces conditions peuvent également expliquer cette situation.
Les gens se sentent faibles ou fautifs.
Il est important de savoir que la dépression et le trouble bipolaire peuvent être traités.
Les amis et les membres de la famille peuvent appuyer la personne qui souffre d’une telle condition en recueillant le plus d’informations possible sur celle-ci.
Des groupes de soutien et des associations de santé communautaires peuvent vous aider à obtenir davantage de renseignements à cet égard.
 

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Par Ally - Publié dans : Bipo
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Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /Sep /2008 20:54
 
 

La maladie bipolaire dans les accès aigus est souvent à l’origine de conflits ou d’affrontements qui peuvent aller jusqu’à la désorganisation de la vie familiale.

L’entourage vit souvent dans l’anticipation anxieuse des rechutes, supportant mieux les dépressions que l’excitation. La vie de famille suit les ressacs de l’humeur du patient.

Les patients ont souvent conscience qu’ils font souffrir leur entourage : pendant les phases dépressives les proches se sentent démunis, impuissants voire même culpabilisés face à cette grande souffrance qui semble impossible à soulager.

Les tâches de la vie courante leur incombent. A l’inverse pendant les phases maniaques ou hypomaniaques, les proches sont souvent des empêcheurs de tourner en rond aux yeux du patient, obstacles aux projets grandioses contemporains de l’accès d’excitation. Le maniaque impose le tempo, son ancien rythme lui apparaît morne, il est difficile de suivre sa cadence et d’en supporter les conséquences.

Le conjoint, dans la crainte d’aggraver les conflits, supporte plus ou moins sereinement ces comportements dont il a souvent à assumer les conséquences.

   
Outre les aspects financiers ou professionnels, ce sont les ruptures affectives qui marquent le plus profondément les biographies des bipolaires qui sont parfois, dans les cas sévères insuffisamment pris en charge ou résistant aux traitements, émaillées de séparations entraînant solitude et isolement.
Pourtant une situation affective stable serait un facteur protecteur des rechutes.
Le psychiatre par sa position de tiers peut aider à désamorcer les conflits, à supporter ces difficultés en explicitant le contexte pathologique.
Dans les situations extrêmes il doit savoir rappeler aux patients et à leur conjoint qu’aucune décision définitive engageant la vie familiale ne doit être prise en période aiguë maniaque ou dépressive.
   
Bien sûr le sujet bipolaire n'apporte pas que souffrance à son entourage, loin de là.
Les personnalités des bipolaires sont souvent généreuses, créatives, sensibles.
Les états hypomaniaques légers sont souvent bien perçus par l'entourage.
La vie avec un « bipolaire » peut s'apparenter à une aventure affective mouvementée, avec ses peines et ses joies, plus qu'à un pénible accompagnement dans la maladie.
   
C'est grâce au soutien des proches et à leur présence chaleureuse et soutenante, résistant aux tempêtes, que le bipolaire va pouvoir comprendre et analyser sa maladie, apprendre à en déceler les signes annonciateurs et à se fixer des objectifs utiles et raisonnables.
   
 
Par Ally - Publié dans : Bipo
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Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /Sep /2008 20:31
 

Autrefois appelé psychose maniaco-dépressive, le trouble bipolaire fait partie des troubles de l’humeur auxquels appartient également la dépression récurrente (ou trouble unipolaire).

   
C’est une maladie qui dans sa forme la plus typique comporte deux phases :
La phase maniaque et la phase dépressive.
Entre les deux pôles, la personne qui souffre de maladie bipolaire, retrouve un état normal que l’on appelle « euthymie » ou « normothymie ».
   
La phase maniaque se définit comme un épisode d’excitation pathologique : le sujet qui en souffre est hyperactif et euphorique, inhabituellement volubile et fait de multiples projets.
Il peut présenter divers troubles comportementaux, perdre toute inhibition ou engager des dépenses inconsidérées.
   
La phase dépressive est en quelque sorte le miroir de la phase maniaque : le sujet présente des signes de grande tristesse, il est ralenti et n’a goût à rien, parfois il veut mourir ; les formes les plus sévères sont qualifiées de «mélancoliques».
Le danger principal de cette maladie est le risque de suicide.
   
En France, le trouble bipolaire est sous-diagnostiqué.
Il faut en moyenne 10 à 12 ans et 4 à 5
médecins différents avant qu’il ne soit nommé.
De même, on estime que 40 % des dépressifs sont en réalité des bipolaires qui s'ignorent.
   
Aujourd'hui, on préfère le terme de trouble bipolaire à celui de psychose maniaco-dépressive.
D'une part, parce que les formes cliniques sont en fait très diverses, alors que le terme de psychose maniaco-dépressive laisse penser que seules les formes où alternent des épisodes maniaques et des épisodes dépressifs sont prises en compte.
D'autre part, parce que le terme de psychose renvoie à certaines théories explicatives mais correspond mal à l’observation purement descriptive de la maladie : entre les accès, le patient dans la plupart des cas a une vie psychique et sociale tout à fait normale, ce qui est inhabituel dans les cas de maladies psychotiques chroniques.
   


Par Ally - Publié dans : Bipo
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